jeunes en rond vue de dessousL’historienne Ludivine Bantigny dans un de ces récents articles (Télérama du 15/10/14) tente de nous démontrer que nos jeunes d’aujourd’hui ne sont pas si « individualistes, peu politisés, en conflit avec leurs aînés… »

Je retiens davantage les propos suivants : « La jeunesse n’existe vraiment que depuis les années 60, quand la scolarité se prolonge, que les jeunes se retrouvent entre eux et partagent une culture de pairs, qui leur est propre, via des supports qui leur sont consacrés… Du point de vue de l’âge, aujourd’hui, la jeunesse commencerait ainsi vers 12-13 ans et se terminerait vers 22-25 ans, selon les individus »

Et je comprends pourquoi la jeunesse aujourd’hui s’étend en âge. Les supports qui leurs sont dédiés, le marketing qui les ciblent finalement les catégorisent davantage et les enferment.

Pour être né fin des années 50, je vérifie que mes parents n’ont pas connu de jeunesse, du fait de la guerre mais aussi du plein emploi. On travaillait dans l’entreprise familiale dès 16 ans, voir 14 ans même. Pour ceux qui accédaient à des études longues, les longues heures à étudier trouvaient peu de temps en contrepartie dans les loisirs. Marié à 20 ans tout au plus à 25 ans, le Tanguy des années 2000 n’existait pas.

« De petits boulots en stages, interim et CDD, les jeunes sont la catégorie la plus touchée par le chômage. Aujourd’hui, seuls 25 % des salariés de moins de 25 ans bénéficient d’un CDI. La précarité est généralisée et même intériorisée par cette génération ». L’historienne ajoute « le mythe de la jeunesse porteuse d’avenir s’émousse aujourd’hui, la société a de la peine à imaginer son futur, le devenir des jeunes, marqué par le chômage, est source d’inquiétude »

Récemment dans une classe d’étudiants d’une école de management de bon niveau de 3 ème année (21 ans en moyenne) avec lesquels je travaillais leur projet professionnel, à la question : Entre 0 « même pas peur » et 10 « je flippe à mort », quel niveau de peur avez-vous quand vous pensez à votre futur professionnel ? Les réponses se sont étalées de 0.5 à 9.5  en prenant à peu près toutes les valeurs avec une moyenne à 5 environ. Un grand écart type donc dans cette classe apparemment homogène par les études suivies mais à y regarder de plus près qui était assez clivée par la diversité socioculturelle et la nationalité. Mais surtout une moyenne que j’imaginais plus élevée pour des jeunes qui trouveront rapidement un emploi comme l’atteste l’enquête insertion des jeunes diplômés – juin 2013 commandée par la conférence des grandes écoles.

On peut imaginer les réponses encore moins confiantes auprès d’étudiants dans le monde universitaire.

Oui, notre jeunesse a besoin d’être mise en confiance, de réapprendre à rêver, à se projeter dans un horizon qui engage. Pas celui de la journée ou de la soirée en perspective mais celui à 3/5 ans qui mobilise suffisamment et rassure.

Le coaching collectif en lycées et en études supérieures le facilite.